Kévonian Armenouhie ’Les noces noires de Gulizar’ sur le génocide arménien Paru le : 04/10/2005

, par  Asie-centrale.com , popularité : 36%

Au printemps 1889, le chef d’une puissante tribu kurde, Moussa bek, lançait ses hommes à l’assaut du village de Khartz, dans la plaine de Mouch, au cœur de l’Arménie historique. Une adolescente, Gulizar, est enlevée, séquestrée dans un harem et convertie à l’islam.

Les noces noires de Gulizar. Suivi de Mémoires mêlées ; Tableaux d’un monde assassiné

Auteurs : Kévonian Armenouhie, Mouradian Jacques, Ter Minassian Anahide, Kevonian Keram
Editeur : PARENTHESES
Isbn : 2-86364-138-7 / Ean 13 : 9782863641385
Prix Editeur : 19,00 €
Collection : DIASPORALES
Caractéristiques : 182 pages
Dimensions / poids : 16,5cm x 23,0cm x 1,7cm / 0,330kg

Au printemps 1889, le chef d’une puissante tribu kurde, Moussa bek, lançait ses hommes à l’assaut du village de Khartz, dans la plaine de Mouch, au cœur de l’Arménie historique. Une adolescente, Gulizar, est enlevée, séquestrée dans un harem et convertie à l’islam. Cet épisode banal dans une province orientale de l’Empire ottoman deviendra une « affaire » jusque dans les rapports diplomatiques occidentaux lorsque Gulizar, surmontant ses peurs et sa honte, viendra à Constantinople accuser Moussa bek et affirmer devant les tribunaux ottomans son identité arménienne. A terme, ce procès servira de détonateur pour les mouvements d’émancipation des minorités chrétiennes de l’Empire. Si le témoignage transcrit par Arménouhie Kévonian de la bouche de Gulizar, sa mère, appartient plus à l’histoire qu’à la littérature, le texte est surtout marqué par la vivacité et la sensibilité du souvenir. Ces mémoires mêlées ont retenu avec une exactitude et une précision étonnantes les faits, les lieux, les dates, les noms, les situations, malgré les drames, l’exil et les tribulations, malgré des vies brisées par le regret torturant de l’enfance, de la famille et de la patrie perdues. Ou, peut-être, à cause même de cela.

Arménouhie Kévonian (1902-2002)est née à Mouch au cœur du pays arménien. Elle vient étudier à Istanbul, quand son père devient député du Parlement ottoman. Après la disparition d’une grande partie de sa famille au cours du génocide, elle enseigne et, en 1925,s’installe à Paris où elle tiendra des chroniques régulières dans la presse quotidienne arménienne et poursuivra ses recherches musicales, restituant les chants traditionnels de son pays. C’est en 1946 que paraîtra le témoignage sur Gulizar, sa mère.