Asie centrale

Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan

Kirghizstan: le siège du pouvoir envahi, l’ancien président libéré

par | 6/10/2020

Des manifestants ont envahi tôt mardi le siège du pouvoir à Bichkek, capitale du Kirghizstan, contestant les résultats des élections législatives de dimanche, et ont libéré de prison l’ancien président Almazbek Atambaïev, selon des médias et l’un de ses partisans.

Les manifestants, qui réclament la démission du président Sooronbay Jeenbekov et la tenue de nouvelles élections législatives, n’ont rencontré aucune résistance, ont indiqué des témoins à l’AFP.

Des accusations de fraudes, notamment d’achats de voix, ont terni celles organisées dimanche. Le chef de la mission de l’OSCE venue observer les élections, Thomas Boserup, avait jugé que les élections s’étaient « bien déroulées dans l’ensemble » mais que « des allégations crédibles d’achats de voix suscitent une inquiétude sérieuse ».

Les manifestants ont dans la foulée libéré de prison l’ancien président Almazbek Atambaïev « sans faire usage de la force ni des armes », a affirmé à l’AFP l’un de ses partisans, Adil Turdukuov, qui a dit avoir assisté à la scène.

La cellule de l’ancien dirigeant, qui purgeait une peine de onze ans de prison et est un ancien protégé de l’actuel président, se trouvait dans le bâtiment du Comité pour la sécurité nationale et les gardiens n’ont opposé aucune résistance selon lui.

Des vidéos diffusées peu après sur les réseaux sociaux ont montré M. Atambaïev saluant ses partisans.

Un témoin ayant participé à l’entrée dans le Parlement mais ayant requis l’anonymat a indiqué à l’AFP que les protestataires s’étaient forcé un passage dans le bâtiment. « Personne n’essayait de le protéger lorsque la foule est entrée », a-t-il indiqué.

« Nous nous sommes arrêtés, nous avons chanté l’hymne national et nous sommes entrés dans le bâtiment sans (rencontrer) de résistance », a-t-il ajouté, précisant que seuls quelques « agents techniques » se trouvaient alors à l’intérieur et se sont rapidement retirés.

Des photos publiées par le service kirghiz de Radio Free Europe ont montré des manifestants déambulant dans le principal centre du pouvoir au Kirghizstan. Plusieurs autres médias locaux ont également rapporté la prise du bâtiment par les protestataires.

Lundi, au moins 120 personnes avaient été hospitalisées à Bichkek après des heurts entre la police et des manifestants qui contestaient les résultats des élections législatives de la veille dominées par deux partis proches du pouvoir.

La police a fait usage de grenades assourdissantes, puis de gaz lacrymogènes pour disperser les centaines de manifestants réunis dans le centre de la ville.

« Plus de 120 personnes ont été hospitalisées, plusieurs dans un état grave », a annoncé dans un communiqué le ministère kirghiz de la Santé, précisant qu’environ la moitié étaient des « représentants des forces de l’ordre ».

La manifestation avait été organisée à l’appel de cinq partis politiques qui ont échoué à atteindre le seuil de 7% nécessaire pour entrer au Parlement.

Apaiser les tensions

Pour tenter d’apaiser les tensions, le bureau de Sooronbay Jeenbekov a annoncé lundi soir que le président de 61 ans, élu en 2017, rencontrerait mardi les dirigeants de 16 partis ayant participé aux élections.

En soirée, le parti pro-présidentiel Birimdik, arrivé en tête avec 25% des voix, a annoncé qu’il acceptait l’idée d’une nouvelle élection, appelant tous les autres partis ayant dépassé les 7% à faire de même.

Birimdik et le parti Mekenim Kirghizstan, tous deux pro-Jeenbekov et favorables à une intégration renforcée de Bichkek au sein de l’Union économique eurasiatique promue par Moscou, sont au coude à coude avec environ un quart des voix.

Le parti pro-présidentiel Kirghizstan devrait également se maintenir au Parlement avec près de 9% des voix. Deux autres formations, l’une nationaliste et l’autre fondée par un ex-Premier ministre, devraient elle aussi dépasser les 7%.

Peur de pillages

Les heurts se sont toutefois poursuivis dans la nuit dans les rues environnant la place Ala-Too de Bichkek où s’étaient d’abord réunis les manifestants, selon une correspondante de l’AFP.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ouzbékistan : révélation de l’année !

Ouzbékistan : révélation de l’année !

À l’occasion de la convention EDV Ile-de-France, qui s’est déroulée en Ouzbékistan du 30 mars au 2 avril, une centaine de professionnels du tourisme français a pu découvrir une destination attachante et riche d’un héritage architectural et archéologique parfaitement entretenu. À coup sûr, le pays devrait pouvoir retrouver les touristes français qui viennent moins nombreux depuis 2009.

Le président Shavkat Miromonovitch Mirziyoyev

Le président Shavkat Miromonovitch Mirziyoyev

Shavkat Miromonovitch Mirziyoyev (en russe : Шавкат Мираманович Мирзиёев), né le 30 décembre 1957 dans la province de Djizak, est un homme d’État ouzbek.

Depardieu dans une série écrite par la fille du leader ouzbek

Depardieu dans une série écrite par la fille du leader ouzbek

L’acteur français Gérard Depardieu va jouer dans une série télévisée historique écrite par Gulnara Karimova, la fille aînée du président ouzbek Islam Karimov, déjà chanteuse et styliste, a indiqué à l’AFP un co-scénariste, Akbar Khakimov.

Le Nagorny Karabakh

Le Nagorny Karabakh

Le Nagorny Karabakh est une enclave en territoire azerbaïdjanais, peuplée en majorité d’Arméniens et contrôlée de facto par Erevan.

Le Kazakhstan inaugure une mosquée géante dans sa capitale Astana

Le Kazakhstan inaugure une mosquée géante dans sa capitale Astana

Le Kazakhstan a inauguré vendredi à Astana une mosquée présentée comme la plus grande d'Asie centrale, lors d'une cérémonie en grande pompe célébrant les 14 ans de la nouvelle capitale et les 72 ans du président Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir depuis la période...