Visite du président iranien Ahmadinejad en Asie centrale

, par  Asie-centrale.com , popularité : 17%

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad met entre parenthèses le conflit au Liban et la crise diplomatique autour de son programme nucléaire pour effectuer une visite au Tadjikistan et au Turkménistan, pays d’Asie centrale où l’Iran cherche à étendre son influence.

Le président ultraconservateur s’est rendu au Turkménistan avant d’aller au Tadjikistan.

Ces deux visites dans des ex-républiques soviétiques ont un caractère économique avec des discussions sur des contrats énergétiques, des projets d’infrastructures et les relations bilatérales.

Mais les analystes estiment que cette visite a également pour objectif d’étendre l’influence de l’Iran en Asie centrale, une région stratégique, pré carré russe convoité par les Etats-Unis.

Le fait qu’Ahmadinejad n’ait pas annulé son voyage, malgré le conflit au Liban et la crise nucléaire, montre que l’Iran accorde une grande importance au maintien d’une présence forte en Asie centrale.
L’Iran veut jouer un rôle plus sérieux et avoir une présence plus importante en Asie centrale.
Après la chute de l’Union soviétique, l’Iran a tenté d’étendre son influence dans la région en utilisant la religion. Mais la Russie et d’autres pays ont réagi négativement (...) Ensuite, Téhéran a joué la carte de la coopération économique et culturelle, ce qui donne déjà des résultats.

La semaine dernière, le dossier nucléaire iranien a été envoyé au Conseil de sécurité de l’Onu et Téhéran a été accusé d’apporter un soutien militaire au Hezbollah libanais, qui a capturé deux soldats israéliens, déclenchant une vaste riposte israélienne.

L’Iran envoie aussi un message pour affirmer qu’il n’est pas sur la défensive. Cette première visite du président Ahmadinejad souligne que l’Iran n’est pas acculé.
Il y a moins de deux semaines, le secrétaire d’Etat américain à la Défense Donald Rumsfeld était au Tadjikistan.
Les pays d’Asie centrale continuent à avoir une coopération sécuritaire avec les Etats-Unis mais la présence militaire américaine sur le terrain a diminué notamment avec la fermeture d’une base militaire en Ouzbékistan.
Le président iranien sera accompagné par les ministres des Affaires étrangères, de l’Energie, des Transports et de l’Economie, a déclaré Nasser Sarmadi-Parsa, l’ambassadeur iranien à Douchanbe.

Selon lui, des accords seront signés pour développer la coopération économique, culturelle, géologique et hydroélectrique ainsi que pour relier les réseaux routiers des deux pays.

Le tunnel d’Anzab, d’une valeur de 30 millions de dollars reliant le sud au nord du Tadjikistan et construit par l’Iran, sera également inauguré par M. Ahmadinejad.
Le président iranien aura aussi des entretiens avec son homologue tadjik Emomali Rakhmonov et le président afghan Hamid Karzai, lors d’un sommet des trois pays persanophones axé sur la « lutte contre le terrorisme international, la coopération commerciale et la sécurité régionale ».

Au Turkménistan, le président iranien discutera avec son homologue turkmène Saparmourat Niazov de la coopération dans les secteur pétrolier et gazier, notamment pour augmenter les livraison de gaz turkmène de 8 milliards de m3 à 14 milliards l’année prochaine.
L’Iran est le troisième plus grand importateur de gaz turkmène après l’Ukraine et la Russie.

L’Iran et le Turkménistan ont conclu ces dernières années plusieurs contrats pour des projets d’infrastructure, notamment pour la construction du gazoduc Korpedje-Kurt Koy, d’un montant de 139 millions de dollars, et du barrage Dostlouk (amitié) d’un montant de 167 millions de dollars.

Les présidents turkmène et iranien discuteront aussi du statut légal de la mer Caspienne.