Signature retardée pour les accords entre Turquie et Arménie

, par  Asie-centrale.com , popularité : 22%

La cérémonie de signature d’accords historiques entre la Turquie et l’Arménie, prévue samedi après-midi à Zurich, a été « retardée » en raison d’une ’difficulté de dernière minute’ avec la délégation d’Erevan.

Cette « difficulté de dernière minute » était liée aux discours qui devaient être prononcés à l’occasion de la cérémonie de signature, a indiqué la source. La cérémonie de signature des accords, prévue pour 17h00 heure locale (15h00 GMT) à l’Université de Zurich, n’avait toujours pas commencé près de trois heures plus tard, ont constaté des journalistes sur place.

Le ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton sont arrivés à l’Université de Zurich avec deux heures de retard sur l’horaire prévu. Toutes les autres délégations les attendaient sur place : la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, leurs homologues russes Sergueï Lavrov et français Bernard Kouchner et le chef de la diplomatie européenne Javier Solana. L’après-midi a été marquée par une valse-hésitation : peu avant l’heure prévue pour la cérémonie, la voiture qui transportait Mme Clinton vers l’Université a fait demi-tour pour revenir à l’hôtel où elle avait établi ses quartiers. Des conciliabules intenses s’étaient alors engagés entre le ministre arménien et le secrétaire d’Etat adjoint américain pour les affaires européennes et eurasiennes Phil Gordon qui communiquait également par téléphone avec la délégation turque, ont indiqué des sources américaines. La Suisse avait annoncé vendredi soir que la cérémonie de signature des accords en vue de normaliser les relations entre les deux pays aurait lieu samedi à 17h00 heure locale à Zurich.

La signature est « censée » avoir lieu à 18H00 GMT samedi, selon l’agence arménienne Novosti Armenia, citant une source diplomatique. Les relations entre Turcs et Arméniens sont hantées depuis près d’un siècle par le souvenir des massacres et déportations d’Arméniens en 1915-1917 (plus d’un million et demi de morts, selon l’Arménie, 300.000 à 500.000 selon la Turquie, qui récuse le terme de génocide).

Le conflit du Nagorny-Karabakh a encore envenimé le contentieux entre les deux pays. Au terme d’une guerre de six ans (de 1988 à 1994), Erevan a pris le contrôle de cette enclave peuplée d’Arméniens en Azerbaïdjan, allié de la Turquie qui a fermé en 1993 sa frontière avec l’Arménie en guise de représailles. Dans ce contexte de ressentiments et de conflit, le rapprochement entre Ankara et Erevan se heurte à de profondes résistances dans les populations des deux pays ainsi que dans la diaspora arménienne, particulièrement influente en France et aux Etats-Unis. S’adressant solennellement à la nation samedi, le président arménien Serge Sarkissian a assuré qu’il n’y avait « pas d’alternative à l’établissement de relations, sans conditions préalables, avec la Turquie ». « Avoir des relations avec la Turquie ne doit en aucune manière créer un doute sur la réalité du génocide (...) C’est un fait bien connu et qui doit être reconnu », a cependant insisté le président arménien au lendemain d’une manifestation à Erevan de plusieurs milliers d’opposants au rapprochement avec Ankara.