Pays de la mer Caspienne (Azerbaïdjan, Turkmenistan) prospèrent grâce au pétrole

, par  Asie-centrale.com , popularité : 16%

La hausse du PIB en Azerbaïdjan est rapide, 25% en 2005, selon la Berd. C’est le Turkmenistan qui, parmi les pays issus de l’éclatement de l’URSS, arrive derrière avec 9% de croissance.

Les puits de pétrole sont l’emblème d’une des équipes de football d’Azerbaïdjan, ils ornent les billets de banque et pourraient bien être aussi aux yeux des économistes le seul symbole de l’économie à la plus forte croissance au monde.

Grâce à un boom du secteur pétrolier, principale source de revenus de ce petit Etat des bords de la Caspienne, l’Azerbaïdjan est devenu l’économie connaissant la plus rapide expansion au monde, selon la Banque européenne de reconstruction et de développement (Berd).

La production de pétrole, qui devrait doubler en 2006 à 30 millions de tonnes, a induit des taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) enormes, très probablement inégalés, estiment les auteurs d’un récent rapport de la Berd.

La hausse du PIB est si rapide, que le chiffre de 25% en 2005 « a presque l’air d’une erreur », selon la Berd.
C’est le Turkmenistan qui, parmi les pays issus de l’éclatement de l’URSS, arrive derrière avec 9% de croissance.

Cet Etat d’Asie centrale, situé de l’autre côté de la mer Caspienne, est lui riche en gaz. C’est une anomalie dans l’histoire des ex-pays socialistes, la croissance en Azerbaïdjan est déjà de 34% sur les dix premiers mois de cette année.

Cette dynamique a été engagée en 1994 dans ce pays riche en pétrole courtisé par l’Occident depuis la chute de l’URSS. Cette année avait été celle de la signature du « contrat du siècle ».

Dans le cadre d’un accord soutenu par les Etats-Unis, un ensemble de compagnies pétrolières occidentales dirigées par la britannique BP ont obtenu un accès aux réserves d’hydrocarbure azerbaïdjanaises en mer Caspienne. Elle se sont également mises d’accord pour construire un oléoduc d’exportation vers la Turquie qui a commencé de fonctionner cette année.

L’Azerbaïdjan devrait produire sur 2006 plus de pétrole qu’il ne l’a jamais fait, dépassant son record de 1941, lorsque ses puits fonctionnaient à plein régime pour alimenter l’Armée rouge dans ses combats contre l’Allemagne nazie.

L’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui donne aux producteurs de la Caspienne une voie d’accès directe vers les marchés occidentaux, en contournant la Russie, permettra à terme à l’Azerbaïdjan d’exporter 50 millions de tonnes de pétrole par an.

Mais les taux hors normes enregistrés sont en grande partie dus au fait que la croissance azerbaïdjanaise part d’une base très réduite après l’effondrement de l’industrie du pays qui a accompagné la chute de l’URSS en 1991, soulignent les économistes.

C’est seulement cette année qu’ils vont remonter au niveau de PIB de 1989, mais les niveau de vie ne suivait pas au même rythme en raison de la métamorphose de l’économie.
Le secteur pétrolier n’emploie encore que 5% environ de la population, tandis que 40% continue de vivre de l’agriculture. Les secteurs non-pétroliers pourraient se trouver atrophiés par l’argent du pétrole avertissent les économistes.

Les agriculteurs vont avoir de plus en plus de mal à vendre leur production hors des frontières de leur pays au fur et à mesure que la monnaie locale se renforce sous l’afflux des dollars du pétrole.

Les organisations financières internationales ont averti l’Azerbaïdjan de la nécessité de réduire ses dépenses s’il veut prévenir l’inflation. Les dépenses provenant du Fonds pétrolier azerbaïdjanais, servant de fonds de stabilisation pour l’économie, ont été multipliées par 4,5 sur les neuf premiers mois de 2006 à 606,8 millions de manats (693 millions de dollars, 543 millions d’euros). Sur la même période les revenus de ce fonds ont été de 730,7 millions de manats.