Le paysage culturel d’art rupestre de Gobustan (Azerbaïdjan) inscrit par l’UNESCO

, par  Asie-centrale.com , popularité : 32%

Avec les modifications 2007, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO compte désormais 851 biens, dont 660 culturels, 166 naturels et 25 mixtes. Dont le Gobustan (Azerbaïdjan), les forteresses parthes de Nisa (Turkménistan) ; Gamzigrad-Romuliana, le Palais de Galerius (Serbie) ; le Pont Mehmed Pacha Sokolovic de Visegrad (Bosnie-Herzégovine).

Le Comité du patrimoine mondial a inscrit 22 nouveaux sites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO durant sa 31e session qui se tient en ce moment à Christchurch. Les nouvelles inscriptions portent sur 16 sites culturels, 5 sites naturels et un site mixte, culturel et naturel.

Par une décision sans précédent dans l’histoire de la Convention de l’UNESCO concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, le Comité a retiré un bien de la Liste. Il s’agit du Sanctuaire de l’oryx arabe, retiré du fait qu’Oman n’a pas su en préserver la valeur universelle exceptionnelle.

Avec les modifications faites cette année, la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO compte désormais 851 biens, dont 660 culturels, 166 naturels et 25 mixtes.

Les nouveaux sites de la CEI / PECO inscrits sont dont :

- Le paysage culturel d’art rupestre de Gobustan (Azerbaïdjan) a été inscrit pour ses 6 000 gravures ainsi que des vestiges de peuplement et des sites funéraires qui reflètent une occupation intensive des lieux du Paléolithique supérieur au Moyen Age.

Le site occupe trois zones d’un plateau rocheux qui s’élève dans la région semi désertique du centre de l’Azerbaïdjan. Elles recèlent près de 6 000 gravures qui témoignent de l’existence d’une période chaude et humide après la dernière ère glaciaire. Ces gravures ainsi que des vestiges de peuplement et de sites funéraires reflètent une occupation intensive des lieux du Paléolithique supérieur au Moyen Age. Le site occupe un total de 537 ha et s’inscrit dans la réserve protégée de Gobustan qui est beaucoup plus grande.

- Avec les forteresses parthes de Nisa (Turkménistan), c’est l’une des plus anciennes et importantes cités de l’Empire parthe, une grande puissance du milieu du IIIe siècle avant J-C. jusqu’au IIIe siècle de notre ère, qui a été inscrite comme paysage culturel.

Les deux tells de l’ancienne et de la nouvelle Nisa signalent le site de l’une des plus anciennes et importantes cités de l’Empire parthe, une grande puissance du milieu du IIIe siècle avant JC jusqu’au IIIe siècle de notre ère. Relativement peu explorés pendant près de deux millénaires, ces tells conservent enfouis dans leur sol les vestiges d’une puissante civilisation antique qui associa avec ingéniosité des éléments de sa culture traditionnelle avec ceux des cultures occidentales hellénistique et romaine. Des fouilles archéologiques dans deux parties du site ont révélées une architecture richement décorée correspondant à des fonctions domestiques, officielles et religieuses. Jusqu’à aujourd’hui, la majeure partie des fouilles a été menée dans la citadelle royale, connue aujourd’hui sous le nom d’ancienne Nisa, mais le site inclut également la vieille ville, connue sous le nom de nouvelle Nisa. L’ancienne Nisa est un tell de 14 ha cerné par un haut rempart de terre, doté de plus de 40 tours rectangulaires. Ses contours ont la forme d’un pentagone irrégulier flanqués aux angles de bastions imposants. Le tell de 25 ha de la nouvelle Nisa est entouré de murs imposants, s’élevant jusqu’à 9 m de haut sur tous les côtés, avec deux entrées. Situés au carrefour d’importants axes commerciaux et stratégiques, les vestiges archéologiques de Nisa illustrent avec force la profonde interaction des influences culturelles de l’Asie centrale et du monde méditerranéen dans cet empire puissant qui formait une barrière à l’expansion romaine tout en servant d’important centre de communication et de négoce entre l’est et l’ouest, le nord et le sud. Le site témoigne de la puissance de ce pouvoir impérial, de sa richesse et de sa culture.

- Gamzigrad-Romuliana, Palais de Galerius (Serbie). Ce palais fortifié de l’époque romaine tardive associé à un mémorial offre un témoignage unique de la construction romaine sous la seconde tétrarchie.

Gamzigrad, à l’Est de la Serbie, est un palais fortifié de l’époque romaine tardive, associé à un mémorial sur la colline adjacente. Il fut édifié à la fin du IIIe siècle et au début du IVe siècle, sur ordre de l’empereur Caius Valerius Galerius Maximianus et est connu sous le nom de Felix Romuliana, du nom de la mère de l’empereur. Le site est constitué de fortifications, d’un palais dans la partie nord-ouest de l’ensemble, de basiliques, temples, thermes, mémorial et d’un tetrapylon. Le site offre un témoignage unique de la construction romaine traditionnelle façonnée par le programme idéologique de la seconde tétrarchie. Le groupe de constructions est aussi unique en ce qu’il entremêle cérémonial et mémorial. La relation entre les deux ensembles spatiaux est soulignée sur le site par le tetrapylon qui est situé au carrefour entre d’une part les fortifications et le palais - le temporel - et d’autre part les mausolées et édifices commémoratifs - le spirituel.

- Le Pont Mehmed Pacha Sokolovic de Visegrad (Bosnie-Herzégovine), caractéristique de l’apogée de l’architecture monumentale et du génie civil ottomans, a été inscrit comme site culturel.

Construit sur la rivière Drina à la fin du XVIe siècle, le pont a été commandé à l’architecte-ingénieur Sinan par le grand vizir Mehmed Pacha Sokolovic. Il est caractéristique de l’apogée de l’architecture monumentale et du génie civil ottomans. Il possède 11 arches maçonnées dont les ouvertures sont comprises entre 11 et 15 mètres, ainsi qu’une rampe d’accès à l’orthogonale de quatre arches sur la rive gauche. Contemporain de la Renaissance italienne, ce pont, long de 179,5 m, est une des réalisations majeures de Mimar Koca Sinan, un des plus grands architectes de l’Empire ottoman. Le pont est aussi remarquable par les traditions folkloriques, littéraires et artistiques majeures qu’il a suscitées.

- Les forêts primaires de hêtres des Carpates (Ukraine et Slovaquie) ont été inscrites comme bien naturel transnational. Elles comprennent dix unités séparées qui représentent un exemple remarquable de forêts tempérées complexes vierges offrant les plus complets et vastes schémas et processus écologiques de hêtraies européennes dans une grande variété de conditions environnementales.

Les forêts primaires de hêtres des Carpates sont un bien sériel transnational comprenant dix unités séparées. Elles s’étendent le long d’un axe de 185 km allant des montagnes de Rakhiv et du massif de Chornohirskyi, en Ukraine, en direction de l’Ouest le long de la crête de Poloniny jusqu’aux montagnes de Bukovské Vrchy et Vihorlat en Slovaquie. Les dix unités représentent un exemple remarquable de forêts tempérées complexes vierges ; elles offrent les plus complets et vastes schémas et processus écologiques de hêtraies européennes dans une grande variété de conditions environnementales. Elles contiennent un réservoir génétique précieux de hêtres et de nombreuses espèces associées et dépendantes de ces habitats forestiers. Elles représentent également un exemple extraordinaire de la recolonisation et du développement des écosystèmes et communautés terrestres depuis le dernier âge glaciaire, un processus qui se poursuit aujourd’hui encore.