La pomme originelle retrouvée au Kazakhstan

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La pomme originelle, dont descendent toutes celles que nous connaissons aujourd’hui, aurait été retrouvée dans les montagnes du Kazakhstan. Alors qu’une trentaine de pesticides sont utilisés pour soigner les pommes du commerce, ce fruit serait naturellement résistant à toutes les maladies.

C’est en plein cœur des montagnes du Kazakhstan que pousserait la pomme originelle, autrement dit le fruit qui serait à l’origine de tous les autres pommes. Elle a été découverte en 1929 par le biologiste soviétique Nikolaï Vavilov dans la région d’Almaty, au pied du massif du Tian Shan proche de la frontière chinoise. Or, d’après les recherches réalisées, ce fruit serait résistant à toutes les maladies, précisément celles contre lesquelles 35 pesticides sont aujourd’hui utilisés dans les pommes de nos supermarchés.

Comme le raconte l’AFP, le fruit a été étudié par un agronome kazakh, Aymak Djangaliev, après la mort de Nikolaï Vavilov en prison en 1943. Mais c’est en 2010, un an après la disparition du chercheur, que le séquençage de la pomme domestique a permis de découvrir que la pomme sauvage kazakh, baptisée Malus sieversii, était l’ancêtre de toutes les pommes actuelles.

Les pommes kazakh descendent d’arbres qui ont poussé voilà des millions d’années. Les pépins des fruits de ces pommiers ont pu s’échapper de l’enveloppe dans lesquels ils étaient enfermés grâce aux ours, friands des pommes les plus grosses et les plus sucrées. Ces fruits seraient ainsi « des fossiles vivants », affirmait Aymak Djangaliev cité par la réalisatrice Catherine Peix, qui a tourné avec lui un film sur ce fruit originel.

Les pommiers du Kazakhstan, avec leurs troncs de deux mètres de large, culminent à vingt ou trente mètres de hauteur. Ces arbres offrent des pommes aux goûts et couleurs très variés. « Pas un seul arbre ne ressemble à son voisin », affirme la réalisatrice qui précise également qu’il existerait plus de 6.000 variétés.

Des pommiers aujourd’hui menacés

En plus de leur résistance naturelle aux maladies, ces pommes sont bien plus grosses et goûtues que celles que nous avons l’habitude de manger. Mais elles sont menacées. Comme le déplore en effet l’association Alma, qui fondée il y a deux ans entend protéger la pomme originelle, la déforestation aurait déjà eu raison de 70% des pommiers kazakh. « On voudrait que l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) se saisisse du sujet », a expliqué l’association. Un croisement génétique entre nos espèces et des Malus sieversii pourrait permettre de donner naissance à des pommes résistantes aux maladies et insectes, et ainsi éviter l’utilisation massive de pesticides.

L’université américaine Geneva, située près de New York, a ainsi décidé de collecter des semences issues de 900 arbres différents. En France, à l’école du Breuil, dans le bois de Vincennes, un pommier Malus sieversii sera planté le mois prochain. Mais en attendant l’avancée des recherches, la mairie de Paris accueillera jusqu’au 5 mars une exposition créée par l’Alma. Les visiteurs pourront notamment y découvrir le film de Catherine Peix, L’origine de la pomme ou le jardin d’Eden retrouvé.

Source : http://www.maxisciences.com