La concurrence entre usagers de l’eau en Asie Centrale (Le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Kazakstan, le Kirgizstan et le Tadjikistan)

, par  Asie-centrale.com , popularité : 21%

Dans tous les pays de l’Asie Centrale la concurrence entre usagers de l’eau s’intensifie. Comme on pouvait s’y attendre, les tensions sont particulièrement graves dans les zones à manque d’eau où les pressions exercées par la population, l’urbanisation et les besoins de développement se conjuguent pour créer une intense demande au regard de ressources limitées en eau douce.

En Asie centrale, le Bassin de la Mer d’Aral est au centre de différends internationaux à propos de l’eau. Le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Kazakstan, le Kirgizstan et le Tadjikistan sont tous tributaires, pour survivre, de l’eau des fleuves Amou Darya et Syr Darya.

Le débit des deux fleuves sert presque entièrement à irriguer des cultures qui, comme le coton et le riz, exigent beaucoup d’eau. La plupart des années, seul un filet d’eau parvient à la Mer d’Aral.

Au fur et à mesure qu’augmente la demande, la répartition de l’eau devient de plus en plus difficile, car les cinq Républiques d’Asie centrale veulent toutes en recevoir une part plus grande.

Les différends s’accentuent entre les Kirghizs et les Ouzbèques au sujet de l’eau et des terres de la fertile Vallée de Fergana ; entre les Kyrgyzes et les Tadjiks au sujet de l’affectation de l’eau d’irrigation provenant du Syr Darya ; et entre les Turkmènes et les Ouzbèques à propos de la répartition de l’eau d’irrigation provenant de l’Amou Darya.

La vallée de Fergana, en Asie centrale, est un petit territoire aride de 38 000 km2 que se partagent trois pays en développement (Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan) et 10 millions d’habitants. Dans ces pays de l’après-régime soviétique, la faiblesse de l’économie, la croissance d’une population jeune et l’utilisation des ressources hydrauliques, notamment la très forte irrigation qu’exige la culture du coton, exercent beaucoup de pressions sur cette ressource et sur les lois qui en régissent la préservation et la distribution. Dans le vaste territoire de l’Asie centrale, la vallée de Fergana serait de loin la plus propice à l’éclatement de conflits techniques et interétatiques, surtout à l’égard des ressources hydrauliques.

L’Agence canadienne de développement international (ACDI), la Division de l’Asie centrale et son Unité pour la consolidation de la paix ont organisé une mission de planification stratégique au Kirghizstan et au Kazakhstan. Le concept de la forêt modèle pourrait aider la vallée de Fergana à résoudre ses nombreux problèmes de gestion de l’eau et à relever les immenses défis de son développement économique.

Les participants ont plus particulièrement été impressionnés par le fait qu’ils pouvaient adopter un processus éprouvé permettant à des partenaires de trouver des solutions à des problèmes communs et aussi se garantir un meilleur avenir s’ils délaissaient leurs conflits en faveur d’une mise en commun de leurs stratégies et projets.

Reste à voir si on pourra établir un modèle hybride quelconque de forêt modèle dans la vallée de Fergana.