L’OCDE écoute des représentants kazakhs 20 - 21 avril 2004

, par  Asie-centrale.com , popularité : 17%

La nécessité impérieuse de parer au changement climatique a été perçue par tous les participants. Les ministres ont rappelé qu’il fallait que le Protocole de Kyoto soit ratifié par un nombre suffisant de Parties pour entrer en vigueur, que les signataires se mobilisent davantage pour répondre aux engagements de Kyoto et, point très important, qu’ils envisagent l’après-Kyoto dès maintenant. Les débats ont été enrichis par les points de vue fort intéressants qu’ont apportés les représentants kazakhs.

Réunion du Comité des politiques d’environnement au niveau ministériel du 20-21 avril 2004

Un nouvel élan

Cette réunion a donné un nouvel élan à la mise en oeuvre des politiques d’environnement, dans les pays de l’OCDE comme dans les pays non membres, et à la coopération internationale sur les questions en jeu. Un dialogue riche de sens et d’enseignements a pu être engagé entre les ministres de 37 pays ou leurs représentants. Nous avons entériné trois Actes du Conseil de l’OCDE et adopté un Message sur la poursuite des travaux relatifs au développement durable à l’OCDE. Cet ensemble définit des orientations claires pour les travaux menés à l’échelle mondiale, régionale et nationale durant les années à venir.

Nous avons réaffirmé notre volonté de mettre en pratique la Stratégie de l’environnement de l’OCDE pour les dix premières années du XXIe siècle d’ici à 2010, parce qu’il nous appartient assurément de montrer l’exemple. Ce faisant, nous avons pris acte des progrès accomplis dans certains domaines, tels que la gestion des ressources en eau douce, la réduction de la pollution atmosphérique imputable aux transports et la recherche d’une meilleure efficacité énergétique.

Toutefois, force est de constater que d’autres mesures s’imposent sans tarder pour que la viabilité écologique puisse être assurée au meilleur coût et de manière socialement équitable. Aussi sommes-nous convenus de traiter les problèmes en suspens et de nous attacher à surmonter les obstacles qui freinent l’application pleine et entière de la Stratégie de l’environnement de l’OCDE. Il faut notamment renforcer la mise en oeuvre des politiques visant à enrayer et à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité, mieux gérer la demande de transports urbains, perfectionner la réglementation applicable aux produits chimiques dangereux, réformer les subventions dommageables pour l’environnement et, de façon générale, pousser plus avant la prise en compte des considérations environnementales dans les politiques sectorielles.

Une place particulière a été accordée dans nos débats au fait que des politiques environnementales novatrices ouvrent aussi d’importantes perspectives économiques et sociales. Par exemple, les technologies propres préservent l’environnement tout en contribuant à la croissance économique, à la compétitivité et à l’emploi. Outre ces possibilités d’action avantageuses « sur toute la ligne », nous avons fait ressortir la nécessité d’approfondir l’analyse du coût de l’inaction face à des problèmes d’environnement essentiels.

Une large participation

Les débats ont été enrichis par les points de vue fort intéressants qu’ont apportés les ministres de quelques pays non membres (Argentine, Brésil, Chine, Israël, Kazakhstan, Russie et Slovénie) ou leurs représentants. Nous avons accueilli favorablement la requête du Vice-ministre de la Chine qui a demandé à l’OCDE d’entreprendre en 2005 un examen des performances environnementales de son pays. Nous avons également noté avec satisfaction que pour la première fois, des représentants des acteurs intéressés ont pris part à une réunion ministérielle de l’OCDE.

Une consultation avec les partenaires intéressés a été organisée le 19 avril. Les représentants des entreprises, des syndicats et des ONG environnementales ont souligné qu’il incombait aux gouvernements de définir les cadres d’action voulus, de fixer des objectifs ambitieux assortis d’échéances raisonnables, de faire connaître à l’avance les mesures prévues et de prendre en compte leurs conséquences sociales. Les participants ont également noté la nécessité et les possibilités qui s’offrent d’agir en partenariat pour relever les défis environnementaux et de concourir activement aux efforts déployés par les gouvernements pour mettre en oeuvre la Stratégie.

Un bilan qui vient à point nommé

Nous avons adopté, lors de notre dernière réunion en 2001, une ambitieuse Stratégie de l’environnement de l’OCDE pour les dix premières années du XXIe siècle. Il s’est agi cette fois d’évaluer le chemin parcouru pour lui donner effet.

Cette évaluation intervient au moment opportun. Nous entrons dans la troisième année de mise en oeuvre de cette Stratégie décennale ; il est donc temps de faire le bilan des mesures nationales qui sont « en bonne voie » et de celles qui ne pourront être menées à bien que moyennant de nouveaux efforts. Par ailleurs, un certain nombre d’engagements nationaux et internationaux ayant été pris durant les années écoulées dans le domaine de l’environnement, cette réunion a été l’occasion de faire le point et de rendre compte des progrès réalisés à ce jour, ainsi que de confronter nos expériences en vue d’améliorer nos performances.

Evaluation et notification : la mise en oeuvre de la Stratégie de l’environnement de l’OCDE est-elle en bonne voie ?

Shuichi Katoh (Japon) et Lena Sommestad (Suède) ont animé les débats. Shuichi Katoh a souligné que les pays qui ne l’ont pas encore fait devaient ratifier de toute urgence le Protocole de Kyoto et qu’il importait de mettre en pratique les orientations concernant l’application de l’approche par écosystème à la gestion de la biodiversité ; il a insisté sur l’utilité de la stratégie des « trois R » (réduction, réutilisation et recyclage) et de la comptabilité des flux de matières pour assurer la viabilité de la production et de la consommation. Lena Sommestad a souligné l’importance de l’intégration des préoccupations environnementales dans les choix économiques, la nécessité de fixer des objectifs clairs obéissant à un calendrier précis au plan national et international, le rôle des technologies environnementales et l’intérêt d’un dialogue avec les pays dont l’économie est marquée par une croissance rapide et de nombreuses transformations.

Nous avons réaffirmé notre volonté de mettre en oeuvre la Stratégie de l’environnement de l’OCDE et noté que des progrès ont été réalisés dans certains domaines clés à la faveur, par exemple, du développement de nouvelles technologies environnementales et des mesures et programmes ambitieux mis en place dans certains pays. Cependant, les ministres sont convenus qu’actuellement, la mise en oeuvre de la Stratégie d’ici à 2010 n’est pas en bonne voie, et que des mesures plus ambitieuses doivent être prises. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, enrayer l’érosion de la biodiversité et découpler les pressions environnementales de la croissance économique sont parmi les principaux défis que nous avons évoqués.

La nécessité impérieuse de parer au changement climatique a été perçue par tous les participants. Les ministres ont rappelé qu’il fallait que le Protocole de Kyoto soit ratifié par un nombre suffisant de Parties pour entrer en vigueur, que les signataires se mobilisent davantage pour répondre aux engagements de Kyoto et, point très important, qu’ils envisagent l’après-Kyoto dès maintenant. Les ministres ont aussi constaté qu’il était impératif de lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité, notamment en créant des marchés propices à une utilisation durable de la biodiversité et en adoptant des stratégies plus intégrées de gestion des écosystèmes. Les participants ont estimé que le découplage entre les pressions environnementales et la croissance économique était à la fois possible et mesurable. Ils ont jugé particulièrement important de mettre en commun les enseignements tirés des politiques et mesures prises pour améliorer la palette énergétique, surmonter les difficultés liées aux transports et à la construction et remédier à la pollution de l’air et de l’eau. Ils ont également pris acte du rôle de l’éducation et de la sensibilisation pour encourager les consommateurs et les entreprises à adopter des modes de consommation et de production plus durables.

Les participants ont mis en avant le besoin d’un cadre d’action stable et prévisible, l’utilité des taxes liées à l’environnement et autres instruments économiques, ainsi que l’existence de solutions doublement avantageuses, au plan environnemental et économique.

Les ministres ont demandé à l’OCDE de s’attacher à chiffrer les coûts que représente l’inaction face aux problèmes écologiques (effets sur la santé compris), de faire mieux comprendre les incidences possibles des politiques d’environnement sur la compétitivité internationale et les moyens d’y remédier, et de déterminer les mesures d’accompagnement et les mesures transitoires envisageables pour que ces politiques soient socialement acceptables. L’OCDE devrait, comme auparavant, aider les pays à suivre l’état d’avancement de la mise en œuvre de la Stratégie de l’environnement de l’OCDE dans le cadre de ses Examens environnementaux.

Les ministres ont adopté un projet de Recommandation du Conseil sur l’utilisation des instruments économiques pour faciliter la conservation et l’exploitation durable de la biodiversité, appelé à étayer la réalisation concrète de l’Objectif 1 de la Stratégie de l’environnement de l’OCDE, à savoir maintenir l’intégrité des écosystèmes par la gestion rationnelle des ressources naturelles et de l’accès du public à la nature.

Les ministres sont convenus de tenir une nouvelle réunion au plus tard en 2008 afin de procéder à un nouvel examen intermédiaire de la mise en oeuvre de la Stratégie de l’environnement de l’OCDE.

Rôle de l’OCDE dans l’application du Plan de mise en oeuvre de Johannesburg

Berglind Ásgeirsdóttir (OCDE) et Børge Brende (Norvège) ont animé les débats. Berglind Ásgeirsdóttir a récapitulé les divers travaux menés à l’OCDE qui vont dans le sens du Plan de mise en oeuvre de Johannesburg. Elle a mis l’accent sur certains des messages clés qui se dégagent des dernières activités en date, à commencer par la possibilité de parvenir aux objectifs d’environnement actuellement visés en dépensant 25 % de moins grâce à l’utilisation plus judicieuse d’instruments économiques (taxes liées à l’environnement, permis négociables), et sur la nécessité de réformer les subventions dommageables pour l’environnement, qui bien souvent ne tiennent pas leurs promesses au plan social. Børge Brende a rappelé que la CDD 12 avait un rôle important à jouer dans l’évaluation du processus et dans la mise en commun des pratiques les plus concluantes au regard des objectifs fixés dans des domaines tels que l’eau, l’assainissement et les établissements humains. Il a fait observer que la réalisation des objectifs était en bonne voie dans 50 % des pays en développement pour l’accès à l’eau et dans 30 % d’entre eux pour l’assainissement, 50 % étant en bonne voie quant à l’élaboration de plans de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) d’ici à 2005.

Les ministres ont reconnu que les enjeux à long terme et les questions d’envergure mondiale sont au cœur du programme d’action dans le domaine de l’environnement. Les ministres se sont intéressés à la façon dont ils pourraient, par l’intermédiaire de l’OCDE, contribuer à la réalisation des objectifs du Plan de mise en œuvre de Johannesburg, du Programme de Doha pour le développement et du Consensus de Monterrey.

Ont été évoqués l’importance de préserver les écosystèmes pour protéger les ressources en eau, l’élaboration de plans de GIRE, la nécessaire création d’une structure internationale pour les aménagements liés à l’eau, la problématique homme-femme dans la mise en place d’un accès adéquat à l’eau et à l’assainissement, et le rôle de l’éducation, notamment dans les pays en développement, ainsi que les problèmes de financement et de gestion de l’eau. Les ministres ont noté la nécessité d’exploiter les technologies d’aujourd’hui, ainsi que le rôle du progrès technologique dans la gestion de l’eau.

Il est indispensable, pour relever le défi du développement durable, de travailler en étroite collaboration avec d’autres collègues, en particulier les ministres des finances et du développement et les ministres sectoriels. Nous sommes tombés d’accord sur le fait que, si nous partageons des objectifs avec les ministres chargés des questions de développement, il nous faut surmonter des difficultés pratiques et procéder de façon plus intégrée pour travailler en commun. Nous demandons à l’OCDE d’envisager la tenue d’une réunion conjointe des ministres de l‘environnement et du développement. L’attention des participants a été une nouvelle fois attirée sur le rôle significatif des acteurs intéressés : les entreprises et l’industrie en tant qu’utilisateurs de ressources et d’énergie, les ONG environnementales et les syndicats en tant que relais avec les travailleurs et les consommateurs.

Tous les ministres ont reconnu qu’il était important que l’OCDE poursuive ses travaux sur le développement durable. Ensemble, nous avons adopté une Déclaration ministérielle faisant ressortir nos priorités et notre adhésion aux recommandations du Groupe ad hoc de l’OCDE sur le développement durable. Nous avons demandé que cette Déclaration soit présentée à la Réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres (qui se tiendra les 13 et 14 mai 2004) afin d’être pleinement prise en compte dans ses délibérations sur les travaux à venir dans ce domaine. La contribution qu’apportera l’OCDE aux prochains cycles de la CDD-ONU a été également mise en exergue, notamment en ce qui concerne la nécessité d’entretenir la dynamique en vue d’atteindre les objectifs relatifs à l’eau et à l’assainissement à l’horizon 2015.

Efficience et efficacité : améliorer les politiques internes

Je voudrais remercier la Vice-Présidente, Lena Sommestad (Suède), d’avoir présidé cette session de la réunion.

Miklos Persanyi (Hongrie) et Laszlo Miklos (République slovaque) ont animé les débats. Miklos Persanyi a souligné l’efficacité des moyens d’action économiques pour atteindre les objectifs d’environnement au moindre coût tout en prenant en compte les incidences sociales. Il a appelé à réduire les exonérations des écotaxes qui sont accordées pour des raisons touchant à la compétitivité, et à examiner plus attentivement ces arguments. Laszlo Miklos a souligné que, de plus en plus, l’accent était mis sur la croissance durable, qu’il était nécessaire de faire preuve d’efficience dans le cadre des engagements et des organes environnementaux internationaux, dont le nombre s’accroît, et qu’un découplage plus poussé s’imposait.

Au cours des débats, les ministres ont insisté sur le changement de paradigme intervenu dans les politiques environnementales, et en particulier sur l’intérêt croissant suscité par l’élaboration de politiques fondées sur le marché qui conjuguent l’efficacité environnementale avec l’efficience économique et l’équité sociale. Nous avons confronté nos expériences positives en matière de recours aux instruments économiques dans la politique de l’environnement, dont les écotaxes, les permis négociables, les quotas individuels transférables dans le secteur de la pêche, les allégements fiscaux et l’élimination des subventions préjudiciables à l’environnement. Cependant, des efforts restent nécessaires, notamment dans le secteur des transports. Une meilleure application du principe pollueur-payeur est jugée importante.

La nécessité d’employer une panoplie équilibrée de moyens d’action comprenant à la fois des instruments économiques et des réglementations a été soulignée. Nous nous sommes penchés sur la nécessité de caractériser et de supprimer progressivement les exonérations des écotaxes et les subventions préjudiciables à l’environnement. Plusieurs ministres ont souligné qu’il importait d’approfondir l’analyse des effets potentiels des politiques d’environnement sur la compétitivité, des mesures prises pour y faire face, ainsi que des avantages de la coordination internationale en matière d’écotaxes, domaine dans lequel de nouveaux travaux au sein de l’OCDE seraient particulièrement utiles. Une meilleure information, la transparence et la participation des acteurs intéressés sont également essentielles pour que la population adhère à l’action des pouvoirs publics.

Plusieurs ministres souhaitent que l’OCDE étudie la possibilité d’organiser une réunion conjointe des ministres de l’environnement et des ministres de l’économie et des finances sur ces questions. Les ministres ont demandé à l’OCDE de poursuivre l’analyse des obstacles à la réforme des politiques d’environnement et des moyens de les surmonter, et d’évaluer l’efficacité de différents moyens d’action et de différentes panoplies de mesures dans le domaine de l’environnement.

Les ministres ont approuvé un projet de Recommandation du Conseil sur les flux de matières et la productivité des ressources, instrument pratique qui permettra d’étayer le suivi de l’efficacité des politiques environnementales.

Défis auxquels nous sommes confrontés dans le contexte de l’intégration des politiques

Catherine Day (CE) et Werner Wutscher (Autriche) ont animé les débats. Catherine Day a pris note des progrès réalisés dans certains domaines, tels que l’agriculture, la pêche et la participation des acteurs intéressés, pour améliorer l’intégration des politiques, mais elle a rappelé que des problèmes persistaient dans le secteur des transports. L’intégration des politiques suppose des mesures de prévention et des investissements, par exemple une réforme du secteur des produits chimiques et un renforcement des liens entre l’environnement et la santé. Catherine Day a fait ressortir les principaux enjeux, notamment la nécessité de disposer d’éléments probants pour repérer les tendances qui ne sont pas viables, les possibilités qui s’offrent encore d’agir sur plusieurs fronts, par exemple en améliorant le rendement d’utilisation des ressources et en développant les technologies environnementales, ainsi que la collaboration nécessaire pour trouver des solutions globales aux problèmes d’ampleur mondiale. Werner Wutscher a insisté sur le caractère incontournable de l’information - concernant l’érosion de la biodiversité, les effets sur la santé, les produits chimiques, les transports, la pollution atmosphérique, les différentes options envisageables par les pouvoirs publics, etc. - et sur le rôle de l’OCDE dans le suivi des performances environnementales et de l’efficacité de l’intégration des politiques. Il a évoqué la mise au point de moyens d’action novateurs dans le domaine de l’environnement et l’importance de la coopération avec les parties intéressées au niveau de la mise en oeuvre.

Les participants ont constaté à plusieurs reprises qu’il était nécessaire de renforcer les partenariats - avec d’autres ministres, d’autres pays et d’autres acteurs - pour élaborer et mettre en oeuvre les politiques environnementales voulues et cité plusieurs expériences réussies à cet égard. Les ministres ont souligné qu’il fallait trouver un langage commun au sein des gouvernements, associer les acteurs intéressés à un stade précoce de l’élaboration des politiques, et faire intervenir les procédures d’intégration au plan régional et local.

D’aucuns se sont demandé si « trop » d’intégration n’avait pas en fin de compte affaibli les politiques environnementales face aux préoccupations de compétitivité des autres ministres. Il a été observé que le développement durable pouvait être une arme à double tranchant : en voulant l’intégration, nous risquons de perdre une partie de notre pouvoir de décision. Les participants ont en outre évoqué ce qui peut être fait pour que les questions de développement durable, y compris d’environnement, soient prises en compte par les gouvernements au plus haut niveau.

Les ministres ont mis en avant l’utilité des évaluations de l’impact sur l’environnement ou de la viabilité écologique en tant qu’instrument réglementaire pour encourager l’intégration des préoccupations environnementales dans les autres domaines de l’action des pouvoirs publics, ainsi que celle d’autres instruments tels que les procédures de gestion environnementale.

Les ministres ont approuvé un projet de Recommandation du Conseil concernant l’évaluation et la prise de décision en vue d’une politique intégrée des transports et de l’environnement, qui énonce des recommandations claires pour l’intégration des préoccupations environnementales dans la politique des transports.

Partenariats : l’environnement dans une économie en voie de mondialisation

Altero Matteoli (Italie) et Michael Leavitt (Etats-Unis) ont animé les débats. Altero Matteoli a insisté sur la contribution qu’apportent les nouveaux partenariats à la résolution des problèmes de protection de l’environnement et de développement durable. Il a mis l’accent sur le fait que les partenariats permettent de mobiliser des fonds auprès de différentes sources, de soutenir la diffusion de technologies et de conjuguer les compétences des pouvoirs publics, des milieux universitaires, du monde des affaires, des organisations environnementales et d’autres. Michael Leavitt a souligné que la combinaison de partenariats concertés, de solutions fondées sur le marché et de nouvelles technologies, ainsi que la mobilisation de nouvelles ressources, étaient porteuses d’avantages pour tous. Il a aussi attiré l’attention sur la nécessité de faire en sorte que les partenariats demeurent parfaitement centrés sur les résultats environnementaux souhaités.

Les ministres ont confronté leurs expériences concluantes dans le domaine des partenariats de type II issus du SMDD, mettant en exergue les avantages que ceux-ci procurent à toutes les parties. Un large éventail de partenariats ont été évoqués, dont beaucoup visant à favoriser l’accès à l’eau et à l’assainissement, le développement des énergies propres et la lutte contre la pollution de l’air et de l’eau. A l’évidence, les pays de l’OCDE s’investissent pleinement dans les partenariats de type II, financièrement comme sur le plan technique.

Il a été souligné qu’il importe de mettre à profit le savoir-faire technique de la population locale (communes, régions) et des ONG environnementales afin de s’assurer que les projets soutenus par le biais de partenariats sont économiquement et écologiquement viables. La contribution du secteur privé à la protection de l’environnement, notamment au travers de la responsabilité sociale des entreprises, a également été mise en évidence.

Les ministres ont suggéré que la protection de l’environnement fasse systématiquement partie des critères pris en compte dans l’aide au développement. Ils ont souligné que l’APD encourageait les partenariats visant l’amélioration de l’environnement et que l’OCDE contribuait à renforcer la confiance entre les acteurs mobilisés dans des partenariats.

Ils ont insisté sur le fait que, selon eux, les partenariats constituent un prolongement important de l’action et des décisions dictées par les pouvoirs publics pour faire en sorte que la mondialisation et la préservation de l’environnement soient complémentaires, mais qu’ils ne sauraient s’y substituer.

Les ministres ont pris acte de la nécessité de veiller à ce que les crédits à l’exportation aillent dans le sens des objectifs environnementaux et ont accueilli favorablement la Recommandation du Conseil de l’OCDE sur des approches communes concernant l’environnement et les crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public.

Le rôle de l’OCDE dans la collaboration avec les pays non membres a été souligné, notamment en ce qui concerne la production d’informations et d’analyses sur l’environnement, d’indicateurs et d’outils de mesure. Il a été demandé à l’Organisation de poursuivre ses activités sur les échanges et l’environnement et sur l’investissement et l’environnement, et de consacrer des travaux à l’évaluation en continu de l’efficacité et de l’efficience des initiatives en partenariat.

Subventions : surmonter les obstacles aux réformes

Hendrik Vygen (Allemagne) a animé les débats. Il a insisté sur l’importance de réduire ou d’éliminer progressivement les subventions préjudiciables à l’environnement, notamment les exonérations fiscales. Il a évoqué les enseignements tirés de la réforme fiscale écologique en Allemagne, qui donnent à penser que des réformes sont possibles. Il a constaté par ailleurs que la réforme des subventions ne pouvait se faire qu’en partenariat avec les autres ministres, et souligné l’importance des efforts déployés au plan international en faveur d’une réforme multilatérale des subventions, en particulier de celles bénéficiant au secteur agricole et aux carburants d’aviation.

Il ressort clairement de nos discussions que les subventions préjudiciables à l’environnement continuent de poser un grave problème dans la plupart de nos pays, et que la collaboration avec les ministres de l’industrie et d’autres secteurs pour les réduire ou les réformer constitue un défi de taille. Les raisons de réformer ces subventions sont claires : elles contribuent aux dommages environnementaux, faussent les échanges et, bien souvent, ne tiennent pas leurs promesses au plan social. Les obstacles à leur réforme sont tout aussi clairs : manque d’information, nécessité de faire face aux répercussions sociales des réformes, et pressions des bénéficiaires des subventions en faveur de leur maintien.

Les ministres se sont félicités des travaux très complets de l’OCDE sur les subventions, notamment de ceux qui visent à identifier et mesurer les subventions préjudiciables à l’environnement. Ils ont chargé l’OCDE de poursuivre ses travaux, en particulier sur les subventions dans les secteurs des transports (y compris aériens) et de l’énergie, ainsi que d’élaborer des lignes directrices relatives à l’élimination des obstacles à la réforme des subventions. Les ministres ont demandé à l’OCDE d’inclure une analyse de la réforme des subventions et des coûts de l’inaction dans les prochaines Perspectives de l’environnement de l’OCDE.

Pistes pour l’avenir

Cette réunion entre les ministres de l’environnement des pays de l’OCDE et nos partenaires a été l’occasion d’évaluer le chemin parcouru pour mettre en œuvre la Stratégie de l’environnement de l’OCDE, de mettre en commun l’expérience qu’ils ont acquise, s’agissant de l’élaboration de politiques environnementales efficientes et efficaces et des moyens de surmonter certains des obstacles à une meilleure intégration des politiques et une réforme des subventions, et de mettre en lumière le rôle des partenariats à l’ère de la mondialisation. Nous avons adopté une Déclaration ministérielle exposant nos priorités concernant la poursuite des travaux à l’OCDE sur le développement durable, et entériné trois Actes du Conseil de l’OCDE destinés à appuyer l’élaboration et le suivi des politiques de l’environnement.

Pour ce qui est de l’avenir, nous sommes déterminés à travailler plus étroitement avec d’autres - ministres de l’économie et d’autres secteurs, autres pays et acteurs intéressés - pour obtenir de bons résultats dans le domaine de l’environnement. Nous assurons notre soutien aux travaux d’analyse de l’OCDE qui appuient les actions menées pour protéger l’environnement et promouvoir le développement durable. Nous demandons à l’OCDE de continuer à étayer et suivre nos efforts pour mettre en oeuvre la Stratégie de l’environnement de l’OCDE, et nous réjouissons à la perspective de nous réunir de nouveau dès 2008.