Ensemble arménien ’Shoghaken’ Lundi 20 février 2006 à 20h30

, par  Asie-centrale.com , popularité : 36%

L’Ensemble Shoghaken puise dans ce riche patrimoine. Il interprète des chants de la tradition populaire (chants d’amour et de mariage, de travail et d’exil, berceuses, chants épiques et patriotiques, ainsi que quelques musiques rituelles. Le duduk est le souffle de l’âme, le shvi le chant de l’oiseau.

Depuis la fin du XIXe siècle, les Arméniens ont recensé chants et airs de leur tradition : trente mille pièces sont ainsi répertoriées dans diverses archives. Cette richesse reposait initialement sur une musique modale et monodique propice à l’ornementation.

Elle a ensuite connu quelques vicissitudes : occidentalisation, au XXe siècle, transcriptions polyphoniques, fossilisation et apprentissage académique imposé par les Soviétiques.

À Erevan, l’Ensemble Shoghaken (source de lumière) fondé en 1991, figure à la pointe d’un mouvement né en Arménie post-soviétique, en faveur de l’usage de la tradition et d’une interprétation qui lui est conforme. L’écoute de sa musique justifie cette initiative.

Le répertoire arménien recèle des chants religieux, dont certains notés depuis le Ve siècle (le christianisme est religion d’État depuis l’an 301), les chants poétiques des Ashug, ces troubadours dont la tradition se poursuit du XVIIe au XIXe siècle, ainsi que l’ensemble de la musique populaire. Celle-ci accompagne les temps de la vie et même la mort. Ses textes usent de la langue familière. Des éléments païens subsistent dans certains chants.

Entre Anatolie et Caucase, ce répertoire varie. Entre est, fief du duduk, et ouest, royaume du oud, également.
L’Ensemble Shoghaken puise dans ce riche patrimoine. Il interprète des œuvres héritées des Ashug tels que Sayat Nova (XVIIIe siècle) et Gusan Sheram (XIXe et XXe siècles), des chants de la tradition populaire (chants d’amour et de mariage, de travail et d’exil, berceuses, chants épiques et patriotiques) sublimes, déchirants et pathétiques, ainsi que quelques musiques rituelles. Le duduk est le souffle de l’âme, le shvi le chant de l’oiseau.

Huit musiciens concourent à la beauté de l’entreprise : duduk-zurna , tenus par le fondateur du groupe - il a côtoyé le violon de Gidon Kremer et le saxophone de Jan Garbarek - kamancha, qânoun, tambour dhol, dham, flûte de berger shvi et deux voix.

L’une féminine, l’autre masculine, tantôt solistes, tantôt réunies dans la complicité d’un duo, parfois a cappella... Pour porter noblement ce répertoire et le colporter de l’Arménie à l’Europe, en passant par la Russie et le Smithsonian Festival à Whashington. En attendant Paris.

THEATRE DE LA VILLE
2 place du Châtelet
Paris 4