Dossier spécial ’Situation économique kazakhe’

, par  Asie-centrale.com , popularité : 17%

Le Kazakhstan dispose d’un fort potentiel économique (abondantes ressources minières : hydrocarbures, uranium, or, aluminium et agricoles).

Le pays a opté pour l’ouverture sur l’extérieur et les réformes et est candidat à l’adhésion à l’OMC.

Cette politique volontariste a permis de parvenir à la stabilisation macro-économique. Après avoir subi de plein fouet les conséquences des crises asiatique et russe de 1998, le Kazakhstan a renoué avec la croissance dès 1999 (passée de 1,7 % en 1999 à plus de 9 % en 2002 et 2003).

Ces performances ont permis un retour remarqué du Kazakhstan sur les marchés financiers (Euroémission réussie de 350 MUSD en avril 2000, remboursement anticipé de la dette envers le FMI de 400 millions de dollars).

Toutefois, ce redressement reste fragile, dans la mesure où il est tributaire des fluctuations des cours mondiaux sur les hydrocarbures (le coût de revient du brut kazakh oscille entre 15 et 20 $ le baril contre 5 à 10 $ dans le Golfe persique). En outre, l’embellie économique a permis au Kazakhstan de s’affranchir de toute dépendance à l’égard des IFIs, entraînant un ralentissement des réformes. La restructuration de l’économie se heurte au manque de compétitivité des entreprises, aux lacunes de la législation et à une corruption endémique.

Le commerce extérieur progresse rapidement depuis le second semestre 1999. L’excédent de la balance commerciale évalué à 2.4 milliards de $ en 2002 provient pour l’essentiel des ventes de matières premières (hydrocabures 40% et métaux 20%). La Russie reste le principal partenaire commercial du Kazakhstan (45 pour cent des importations). Le Kazakhstan attire les investissements étrangers (21 milliards de dollars au total, soit 90% des IDE en Asie centrale, deuxième stock de la CEI, après la Russie mais à 85 % concentrés dans le secteur des hydrocarbures), dont près de la moitié d’origine américaine, la Corée du Sud se classant au second rang devant la Grande Bretagne.

Les hydrocarbures constituent le principal atout du Kazakhstan. Les réserves prouvées représentent 20 milliards de barils. Le potentiel de l’offshore caspien permettrait d’envisager une croissance importante de la production à partir de 2005 (qui passerait à 60 millions de tonnes/an). La mise en exploitation du gisement géant de Kashagan doit débuter en 2007-2008. Le Kazakhstan a produit 47 millions de tonnes de pétrole en 2002 (soit un peu moins d’un million de barrils/jour à 80 % produits par les compagnies étrangères). Les réserves de gaz atteignent 1.8 trillion de m3, pour une production annuelle de 13 milliards de m3 par an. L’évacuation des huiles représente un enjeu majeur pour le Kazakhstan qui reste dépendant de la Russie. L’évacuation du pétrole kazakhstanais se fait principalement par l’oléoduc Atyraou/Samara et l’oléoduc Tenguiz Novorossiisk (Caspian Pipeline Consortium, d’une longueur de 1500 km), entré en service en novembre 2001, qui a permis à la Russie de consolider son quasi-monopole sur l’évacuation des huiles kazakhes. Plusieurs autres projets d’oléoducs sont aujourd’hui en cours de réalisation ou envisagés (le Président Nazarbaev a néanmoins déclaré lors de la visite du Président Poutine en janvier 2004 que la Russie resterait la voie d’évacuation n°1 des huiles kazakhes) :

- l’option ouest (oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan dit MEP « Main Export Pipeline ») : dont la construction, activement soutenue par les Etats-Unis et leur allié turc, a commencé en mai 2003 (pour un achèvement des travaux courant 2004-début 2005 en fonction du bouclage financier du projet) pour un coût de 2.95 milliards de $. Sa capacité serait de 1 million de barrils/j.

- l’option iranienne : le projet KTI (Kazakhstan/Turkménistan/Iran) se heurte à la volonté de l’administration américaine d’écarter toute voie d’évacuation par l’Iran. Le Président Nazarbaev confirme régulièrement son intérêt pour cette option qui intéresse également Total.

- l’option chinoise : Le Kazakhstan et la Chine ont signé des accords, en septembre 1998, pour l’exploitation du champ d’Oujen et pour la construction d’un oléoduc de 3.000 km reliant les deux pays.

La manne pétrolière permet au Kazakhstan d’abonder un fonds national établi en 2000 (qui reçoit 10 % des revenus tirés de l’exportation du pétrole quand le cours de ce dernier est supérieur à 19 $ le baril).