Déçu par l’Occident, l’Ouzbékistan se tourne vers la Chine

, par  Elena A. , popularité : 36%

L’Ouzbékistan a décidé d’ouvrir son économie et ses ressources minières à la Chine plutôt qu’aux pays occidentaux, prompts à la critique sur les droits de l’homme et la démocratie, a déclaré vendredi un membre du gouvernement ouzbèke.

« Nous avons besoin d’un marché fiable pour nos matières premières, où personne ne fera de remarques politiques désobligeantes, et qui paiera au prix mondiaux du marché », a dit Rustam Azimov, premier vice-Premier ministre ouzbèke, lors d’une conférence de presse.

Ces déclarations interviennent alors que l’Ouzbékistan et la Chine ont conclu une série de contrats, parmi lesquels des projets d’investissement d’une valeur de 5 milliards de dollars, lors de la visite en début de semaine du président Islam Karimov à Pékin.

Les documents prévoient aussi la construction d’un troisième tube sur le gazoduc déjà en exploitation Turkménistan-Chine, qui traverse l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, ce qui devrait porter le volume de gaz vendu à la Chine à 55 milliards de mètres cubes par an.

Alors qu’il vend à la Chine de l’uranium, des métaux non-ferreux, du coton et du gaz, l’Ouzbékistan obtiendra en échange des technologies pour moderniser ses infrastructures vétustes et construire de nouvelles usines, selon M. Azimov.

A l’inverse, les pays de l’Union européenne n’offrent pas telles opportunités et « il y a eu des tentatives de certains d’entre eux de faire chanter l’Ouzbékistan (...) et d’imposer des sanctions », a-t-il ajouté.

Les relations avec l’UE se sont tendues après le massacre d’Andijan (est) en mai 2005, qui a conduit Bruxelles à imposer des sanctions, levées unilatéralement en 2009.

Tachkent ne coopèrera pas avec « l’UE en général, mais avec certains pays de l’UE qui respectent l’Ouzbékistan sur une base bilatérale », citant notamment l’Allemagne.

« L’UE doit comprendre que l’époque +du professeur et de l’élève+ est révolue », a ajouté M. Azimov.