Conférence de presse de V.V.Poutine, Président de la Fédération de Russie, et de N.A.Nazarbayev, Président du Kazakhstan

, par  Asie-centrale.com , popularité : 17%

N.A.NAZARBAYEV : ’J’ai dit, Dieu merci que la CEI existe et continue d’exister...’

- QUESTION : Comment appréciez-vous les documents que vous venez de signer ?

- V.V.POUTINE : Nous apprécions hautement ces accords. En fait, ils créent une base très solide pour une coopération à long terme dans une des sphères importantissimes de nos économies – dans le secteur de l’énergie. C’est, d’une part, comme une suite de notre accord sur la Caspienne, mais de l’autre – ils ont leur propre importance.Nous croyons que cet Accord correspond entièrement aux intérêts tant du Kazakhstan que de la Russie. Du Kazakhstan – puisqu’il garantit le transport du pétrole kazakh compte tenu de l’augmentation de l’extraction. C’est bien pour nous aussi, puisque la Russie fixe son statut du pays de transit. Qui plus est, je peux vous dire que les projets que la Russie possède concernant le développement de l’infrastructure de transport, vont maintenant se construire compte tenu des capacités et des besoins du Kazakhstan. Dans ce sens, le Kazakhstan devient notre partenaire prioritaire lors de la définition des priorités du développement de la propre infrastructure russe.
Qu’est-ce que j’ai en vue ? Les accords d’aujourd’hui, avant tout, abordent les itinéraires existants au sud de la Russie. Mais nous nous entendons avec nos collègues kazakhes que, lors de l’édification de la seconde tranche de BTS ici, dans la région de Léningrad, lors de la mise en pratique des projets avec nos partenaires en Grèce et en Bulgarie, les besoins du Kazakhstan seront pris en compte.
Et d’un : pour ce qui concerne le pétrole.
Le second, mais non moins important accord, et non moins jalon, surtout pour nous, pour la Russie, - c’est la création de l’entreprise dans le domaine gazier. Je suppose que c’est la suite de l’accord et de la déclaration qu’ont fait les chefs des quatre états à Almaty il y a un certain temps, concernant la coopération dans le domaine du gaz. La mise en pratique de cette déclaration sur une base bilatérale.
Pour la Russie, cela signifie des changements de la qualité de notre politique dans ce domaine. Si vous le savez - et les experts le savent sûrement, - ces dernières années, la Russie a tout de même fait l’accent sur ses propres capacités. Et par le système de conduites russes, il n’a pas toujours été facile à nos partenaires de vendre leurs produits sur les marchés de la CEI et en Europe Occidentale.
Dans nos rapports avec le Kazakhstan, nous passons à un autre format de coopération. Le Kazakhstan dans ce sens devient un acteur plein, à part entière de ce processus et de ce business. Cela correspond entièrement aux intérêts de la Fédération de Russie, puisque cela garantit les volumes nécessaires pour une perspective à long terme. Cela est, respectivement, dans l’intérêt du Kazakhstan, puisqu’il débouche avec ses produits sur les marchés extérieurs. Maintenant, il s’agit d’un volume assez important – 3,5 milliards de mètres cube du gaz, mais nous partons des capacités du Kazakhstan, du développement du secteur gazier du Kazakhstan et prévoyons aboutir à 30-50 milliards.

- N.A.NAZARBAYEV : Vladimir Vladimirovitch a déjà presque tout dit. Je peux concrétiser un peu. Au cours de deux mois, nous avons abouti à des accords colossaux dans les relations économiques entre le Kazakhstan et la Russie, chose que nous n’avions pas atteinte en 10 années entières de l’indépendance. Je crois que ces accords n’existent pas entre les états de la CEI. Premièrement, c’est la solution définitive du problème du partage du fond de la mer Caspienne selon le principe de la ligne médiane, équidistante des bords. Y tombent trois gisements, qui sont exploités selon le principe 50:50. C’est un travail de traités à long terme. Aujourd’hui, nos structures appropriées ont signé l’accord sur le transport du pétrole par les pipelines russes au volume de 15 millions de tonnes par an pour 15 ans avec la possibilité de prolongation, si aucune des parties ne connaît de problèmes.
Il y a 3-4 ans, où l’on essayait de nous accuser de vouloir contourner la Russie et passer par Bakou-Djeykhan etc., j’ai dit aux journalistes : Et pourquoi la Russie ne veut-elle pas laisser passer le Kazakhstan par ses pipelines ? Alors voilà, maintenant, ce problème est résolu.
Le second problème - la création de l’entreprise conjointe du Gazprom et du Kazakhgaz. Actuellement, ce sont les gisements de Karatchaganak - 3-4 milliards de mètres cube. Mais au bout de 8-10 années, quand le Kazakhstan commencera à extraire du pétrole au volume de plus de 100 millions de tonnes, le gaz associé fera plus de 80 milliards de mètres cube. Si ce gaz transite par la Russie, le Kazakhstan en tant qu’état continental en profitera pour déboucher sur les marchés mondiaux du gaz. Et à la Russie, cela profitera de toucher des dividendes pour le transport de ce gaz et du pétrole via son territoire. Aujourd’hui, nous approchons de la signature de l’accord sur la CT-2 d’Ekibastouz - création des joint-ventures 50:50. Ensuite, nous approchons de la signature de l’accord sur le transport de l’énergie électrique vers les marchés extérieurs. Ce n’est pas le transport de charbon par wagons entiers, mais le commerce de l’énergie électrique qui est bien plus profitable et écologiquement très utile. Dans le quatrième trimestre, nous espérons obtenir l’accord sur le transport ferroviaire. Ainsi, nos accords font élever les rapports du Kazakhstan et de la Russie sur le plan économique à un niveau absolument autre. Sur la base des échanges commerciaux, tous les autres rapports croissent aussi. Cela est confirmé par la création près le Président Vladimir Poutine de la Communauté économique eurasiatique. Aujourd’hui, nous avons tranché le problème de l’Organisation de Shanghai. Autrement dit, la composante économique, politique des relations des deux états est élevé à un niveau absolument nouveau.

- V.V.POUTINE : Je voudrais simplement faire un petit accent en confirmation de ce que vient de dire notre collègue le Président du Kazakhstan. Je veux qu’il soit clair, et que personne n’ait aucun doute.
Le niveau de la coopération et la qualité du partenariat entre la Russie et le Kazakhstan acquièrent le caractère jamais vu auparavant. Cela a et aura de très sérieuses conséquences pour la coopération des deux états dans la perspective à long terme. Et pour notre positionnement en Europe, au monde. Ce que nous signons aujourd’hui aura, sans aucun doute, des conséquences capitales pour la politique énergétique en Europe, pour le moins. Et, je pense, qu’au monde entier aussi.

- QUESTION : Noursoultan Abichévitch, est-ce que j’ai bien compris que vous avez de fait enterré l’idée de la CEI ? Vous avez dit : Dieu merci, on avait eu la CEI !

- N.A.NAZARBAYEV : J’ai dit, Dieu merci que la CEI existe et continue d’exister, qu’elle avait rempli son rôle à l’époque. Quelle que soit sa critique par nous tous, elle continue de jouer ce rôle. Et tous les groupements d’intégration à tous les niveaux ne constituent pas une alternative à la CEI. Pourquoi n’aimez-vous pas la CEI ? Les Présidents se rencontrent, on passe du bon temps (rires dans la salle), on parle, parfois on discute âprement, on apaise. Chacun prend la parole. On doit à la fin avoir un endroit où parler et apaiser son âme. Et progressivement, vous voyez, au sein de la CEI mûrissent des unions plus étroites, et, à la fin des fins, nous allons concocter quelque chose.

- V.V.POUTINE : Je crois que c’est Zochtchenko qui a dit un jour. On dit : parole jetée prend sa volée. Mais chez nous, on la rattrape, la capture et l’emprisonne. Je pense que vous avez presque réussi à prendre mon ami et collègues au mot, mais je ne pense pas que Noursoultan Abichévitch ait voulu dire que la CEI était finie. Je ne l’aurais pas dit.

- N.A.NAZARBAYEV : La CEI avait été créée le 21 décembre 1991 à Almaty. Je suis le plus chaleureux partisan de tous les processus d’intégration, et pas simplement pour faire de la politique, mais pour de bon. Et jusqu’à présent je crois que l’intégration dans notre région doit triompher pour nous-mêmes. Et il en sera ainsi, quoi qu’il arrive. Maintenant, je crois, par la CEEURAS.

Merci beaucoup et bonne chance !

Le 7 juin 2002, Saint-Pétersbourg