Asie Centrale - OTAN - France

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Nous avons eu ensuite le Conseil de partenariat euro-atlantique. Vous savez que maintenant nous sommes vingt-six à l’OTAN et nous sommes quarante-six dans le Conseil de partenariat, avec un certain nombre de pays, notamment de l’Asie centrale et du Caucase, et quelques autres. Cela a été pour nous l’occasion, d’abord d’échanger un certain nombre de points de vues...

POINT DE PRESSE DE M. JACQUES CHIRAC, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE, A L’ISSUE DU SOMMET DE L’OTAN

(Istanbul, 29 juin 2004)

Mesdames, Messieurs,

Ce Sommet se termine, vient de se terminer, et j’ai pensé que je pouvais vous faire un petit point à l’issue de ce Sommet.

Nous avons eu ensuite le Conseil de partenariat euro-atlantique. Vous savez que maintenant nous sommes vingt-six à l’OTAN et nous sommes quarante-six dans le Conseil de partenariat, avec un certain nombre de pays, notamment de l’Asie centrale et du Caucase, et quelques autres. Cela a été pour nous l’occasion, d’abord d’échanger un certain nombre de points de vues, mais aussi, et le moment était important et intéressant, d’entendre un exposé très intéressant du président Karzaï qui nous a parlé de la situation en Afghanistan à la veille des élections qui sont préparées. La France est concernée et même très concernée puisque, comme vous le savez, nous allons prendre le commandement, par l’intermédiaire du Corps européen, de la FIAS et en liaison extrêmement étroite avec nos amis allemands.

Nous avons écouté avec attention le président Karzaï qui nous a fait part de ses espoirs, notamment caractérisés par un développement économique indiscutable et qui atteint, partant naturellement d’un niveau très faible, des pourcentages brillants. Mais il nous a aussi fait part de ses inquiétudes que nous partageons tous, qu’il s’agisse d’une certaine réminiscence de l’action terroriste des Talibans, qu’il s’agisse du jeu des chefs de clan ou qu’il s’agisse du problème, je dirais, de plus en plus majeur pour cette région et pour le monde, qui est une production de drogue qui aujourd’hui dépasse tous les niveaux qu’ils avaient atteints dans le passé et qui est véritablement un problème que nous devons prendre très très au sérieux par les conséquences qu’il comporte. Chacun comprend que c’est, au-delà même des conséquences en matière de santé publique, là que se trouvent les sommes colossales d’argent qui vont ensuite financer le terrorisme un peu partout.

Le président Karzaï a surtout insisté à la fois sur ses remerciements à la communauté devant laquelle il se trouvait pour ce qui était fait pour son pays, pour son développement et sa sécurité. Il a en particulier insisté sur son inquiétude pendant la période de préparation des élections, en demandant que nous soyons très vigilants et que nous mettions en place les moyens nécessaires pour que ces élections puissent se dérouler dans des conditions de sécurité suffisantes pour les citoyens afghans.

Nous lui avons confirmé les décisions que nous avons prises hier, c’est-à-dire non pas de mobiliser, comme certains l’avaient imaginé, la Force de réaction rapide de l’OTAN car elle n’est pas faite pour cela et qu’il ne faut pas utiliser les choses à contre emploi ou à tort et à travers. C’est le meilleur moyen, en règle générale, de faire échouer les réformes.

Il y avait, si on avait besoin de davantage de troupes, des moyens qui existaient qui étaient des générations de force. On pouvait très bien les mettre en œuvre, néanmoins, il fallait être vigilants. Par conséquent, c’était une proposition française qui a finalement été adoptée hier : nous devions, d’une part, mettre les forces de la NRF en alerte maximum, pour le cas où il y aurait justification d’une intervention de secours urgents et d’autre part, envoyer immédiatement sur place une mission d’évaluation. Le président Karzaï a bien voulu nous dire qu’il était tout à fait d’accord avec cette solution et il a exprimé à l’égard de l’ensemble des membres de l’OTAN, et je dirais tout particulièrement la France, des sentiments de grande reconnaissance à la suite de ces décisions.

L’ensemble de ce Conseil, je dirais, a été chaleureux. J’ai trouvé que l’ambiance était bonne notamment du Conseil élargi avec les quarante-six chefs d’Etat et de gouvernement. J’ai observé les comportements dans les couloirs, les visages, le sourire des gens, leurs regards, et j’ai trouvé que ce Conseil était confirmé. C’était le dixième anniversaire, vous le savez, de la création de ce partenariat. J’ai trouvé qu’il confirmait finalement ce qu’on pouvait en attendre, c’est-à-dire une amélioration et une plus grande confiance, une plus grande facilité d’expression entre les hommes. Au fond, beaucoup, beaucoup de problèmes commencent, se développent, parce que les hommes ne se parlent pas. C’est évidemment en se parlant qu’on enracine la paix, qu’on se convainc autrement que par des moyens militaires. Et de ce point de vue, j’ai trouvé qu’il y avait une bonne ambiance dans ce Conseil ce matin.

J’ai eu enfin quelques discussions en aparté, notamment avec le président de la Géorgie, le dynamique président de la Géorgie, qui est en train de rétablir les conditions du calme, de la sécurité et du développement dans son pays. J’ai eu également des entretiens avec le président Aliev qui est le président, comme vous le savez, de l’Azerbaïdjan qui est venu à Paris récemment et nous avons pu faire le point sur l’évolution des choses. J’ai reçu le Premier ministre et le ministre de la Défense du président serbe Tadic, qui ont demandé à me voir pour remercier la France de son comportement pendant les élections en Serbie. Je lui ai dit que nous n’avions aucune intention de faire la moindre ingérence dans les affaires serbes mais que nous étions particulièrement heureux des résultats. Je lui ai demandé de transmettre au président Tadic, à la fois mes félicitations vraiment cordiales et là, le mot n’est pas diplomatique, et une invitation à venir à Paris.

J’ai encore vu deux ou trois autres personnalités en entretien et en tête-à-tête.